Les fonctions cognitives

Les fonctions cognitives sont un vaste ensemble d’opérations mentales nous permettant, entre autre, de communiquer, percevoir, estimer des grandeurs, programmer des gestes, acquérir des connaissances, résoudre des problèmes, nous adapter à la nouveauté, réfléchir, rester concentré, orienter notre attention. Ci-dessous, nous tâcherons d’énumérer et d’expliquer les principales fonctions cognitives généralement évaluées lors d’un bilan neuropsychologique et logopédique.

Vous pouvez soit lire ci-dessous soit télécharger le document ici: Glossaire fonctions cognitives.

De plus vous trouverez ici un document résumant les « signes suspects » et les aménagements scolaires possibles pour la plupart des troubles neuro-développementaux: Fiches.

Le langage oral

Le langage oral est un domaine vaste et complexe. Il comprend plusieurs niveaux, en commençant par l’articulation, la phonologie (les sons dans les mots), le lexique (la richesse du vocabulaire), la morphosyntaxe ainsi que l’organisation du discours. Il s’agit donc de la capacité à s’exprimer en trouvant les mots appropriés pour former des phrases, tout en tenant compte de son interlocuteur et du contexte de la discussion. Il comprend également la capacité à comprendre ce qu’on nous dit et d’accéder à ce qui est implicite (la pragmatique).

Ces compétences se développent naturellement chez l’enfant qui grandit en interaction avec sa famille. Lorsqu’un enfant présente des difficultés significatives et spécifiques sur le plan du développement du langage oral, on parle de dysphasie. Lorsqu’un adulte perd la faculté de s’exprimer par oral ou de comprendre le langage suite à une lésion cérébrale (par exemple à la suite d’un accident vasculaire cérébral), on parle d’aphasie.

 

Le langage écrit

Il comprend la capacité à écrire et à lire. Il s’agit là encore de processus complexes, acquis par apprentissage généralement au cours de l’enfance. L’apprentissage de la lecture et de l’écriture est fortement lié aux capacités de métaphonologie, c’est-à-dire à la possibilité d’analyser et de manipuler mentalement les sons de la langue (comme quand on repère des rimes ou qu’on fait du verlan), ainsi qu’aux capacités visuo-attentionnelles.

En cas de difficultés significatives et spécifiques d’apprentissage du langage écrit, on parle de dyslexie-dysorthographie. Souvent la lecture est très ralentie et comporte différentes sortes d’erreurs, des confusions ou des inversions. Ce simulateur vous permet de vous rendre compte de l’effort que lire peut représenter en présence d’une dyslexie.

 

Le calcul et la numération

Ce domaine regroupe des compétences universelles nous permettant d’appréhender de petites quantités numériques et d’estimer des grandeurs, de même que des compétences de comptage et d’arithmétiques acquises par apprentissage. Lorsque ce domaine est spécifiquement et sévèrement touché dans le développement d’un enfant, on parle de dyscalculie.

 

Les praxies

Les praxies gestuelles comprennent les représentations de gestes courants qui ont nécessité un apprentissage explicite et sont devenus automatiques, elles nous permettent d’exécuter sans réfléchir toute une série d’activités (faire sa toilette, s’habiller, manger, allumer une allumette, faire du vélo, etc.).

Les praxies constructives regroupent les compétences de construction dans l’espace ainsi que de copie de dessins ou figures géométriques.

Les praxies sont distinguées de l’acte moteur lui-même permettant la réalisation du geste (lors de tâches de dessins d’écriture) et qui est appelé graphomotricité.

On parle de dyspraxie lorsqu’un enfant présente un trouble spécifique de l’acquisition du geste et de la coordination, en l’absence de toute paralysie motrice. Lors de difficultés acquises à l’âge adulte et généralement suite à une lésion cérébrale, on parle d’apraxie.

 

Les gnosies visuelles

Au-delà de l’acuité visuelle, il s’agit de la capacité à percevoir et reconnaitre les objets de notre environnement, qu’il s’agisse d’objets manufacturés (meubles, outils…) ou naturels (animaux, plantes…), ou qu’il s’agisse de représentations de ces derniers (dessins, photographies). L’intégrité de ces processus perceptifs de haut niveau assure la reconnaissance des objets de notre environnement même lorsqu’ils sont présentés sous un angle inhabituel, ou lorsque les conditions de visibilité sont mauvaises (par exemple, lorsque seul le contour de l’objet est perceptible).

Lorsque ces processus sont atteints, on parle d’agnosie visuelle aperceptive ou associative. Lorsque les difficultés concernent spécifiquement la reconnaissance des visages, on parle de prosopagnosie.

 

Les différents systèmes de mémoire

La mémoire épisodique : c’est la capacité à retenir sur une longue durée des épisodes personnellement vécu, des anecdotes, comme par exemple nos dernières vacances en Sicile. C’est ce type de mémoire qui est touché en premier lieu dans le cas d’une Maladie d’Alzheimer.
Cette mémoire correspond également à la capacité à retenir une information par cœur, comme une liste de mots. On distingue alors le processus d’encodage, visant à emmagasiner l’information à retenir, du processus de stockage ou de consolidation à long terme, et du processus de récupération de cette information lorsqu’il s’agit de l’évoquer à nouveau (ou de retrouver le « bon tiroir » où l’information est stockée dans le cerveau). Les personnes se plaignant de troubles de mémoire peuvent présenter des difficultés sélectives à chacun de ces niveaux.

La mémoire sémantique : elle regroupe l’ensemble des connaissances factuelles sur le monde qui nous entoure, comme le fait qu’un renard est un mammifère roux de taille moyenne, qu’une fraise est un fruit qui pousse au printemps et qui est de couleur rouge, ou que la Tour Eiffel est à Paris.

La mémoire de travail : c’est la faculté à conserver temporairement et traiter mentalement une petite quantité d’informations sur un très court laps de temps (quelques secondes). C’est la mémoire de travail qui nous permet de résoudre un problème arithmétique énoncé par oral, mais également de comprendre des énoncés complexes, de prendre des notes en cours, de nous souvenir de ce qu’on voulait prendre dans le frigo lorsqu’on est en train de faire la cuisine. Cette mémoire est souvent comparée à la mémoire vive ou à la RAM d’un ordinateur, par opposition au disque dur (qui correspondrait aux mémoires épisodique et sémantique).
Cette mémoire est très fréquemment sollicitée au quotidien. Elle est très fréquemment perturbée dans la plupart des troubles spécifiques des apprentissages comme les dyslexies ou les dyscalculies, ainsi que chez les enfants et les adultes souffrant d’un Trouble du Déficit d’Attention avec ou sans Hyperactivité (TDA/H).

 

Les capacités attentionnelles

La vitesse de traitement est la capacité à traiter l’information rapidement. Nos temps de réaction correspondent au temps que nous mettons à réagir à un stimulus de l’environnement.

L’attention sélective est la capacité à se focaliser sur un type de stimulus parmi d’autres.

L’attention divisée est la capacité à traiter simultanément plusieurs informations en même temps, comme lorsqu’on conduit et qu’on discute avec un passager, ou lorsqu’on répond au téléphone tout en cuisinant.

L’attention soutenue est la capacité à rester concentré sur une même tâche pendant une longue durée, comme lorsqu’on lit un roman, qu’on rédige un texte ou qu’on écoute un cours.

L’attention dirigée est la capacité à engager notre focus attentionnel vers une direction de l’espace en particulier. C’est ce type d’attention qui est perturbé en cas d’héminégligence visuelle, généralement décrite suite à une lésion cérébrale droite. Une personne souffrant d’héminégligence aura de la difficulté à diriger son attention vers le côté côté gauche de l’espace. Elle aura tendance à heurter des obstacles situés sur sa gauche, à omettre les mots de gauche lors de la lecture, à chercher longuement les objets situés à sa gauche avant de parvenir à les trouver. Il ne s’agit pas d’un problème de vision mais bien d’un problème attentionnel.

 

Les fonctions exécutives

Il s’agit d’un ensemble de fonctions nous permettant d’avoir un comportement approprié dans toutes les situations inhabituelles ou non routinières que nous rencontrons. Ces fonctions nous permettent par exemple de prendre des initiatives appropriées, de faire preuve de créativité, de refreiner nos automatismes, d’élaborer une stratégie en vue de résoudre un problème, de gérer notre emploi du temps, de définir des priorités, de passer d’une tâche à l’autre de façon flexible. Les fonctions exécutives sont en quelque sorte le chef d’orchestre de l’ensemble des fonctions cognitives.

Elles peuvent être résumées en les capacités d’inhibition (motrice ou verbale), d’incitation, de flexibilité mentale, ainsi que de planification.

Les fonctions exécutives sont des processus fragiles qui sont facilement ébranlés, chez tout un chacun en cas de manque de sommeil ou d’humeur fragilisée par exemple. Elles sont également spécifiquement touchées dans certaines pathologies, comme chez les personnes souffrant d’un TDA/H ou dans certains types de processus neurodégénératifs.

 

La cognition sociale

Ce terme regroupe l’ensemble des processus nous permettant d’analyser les informations émanant d’interactions sociales et d’y répondre correctement. Il s’agit de la capacité à décoder les émotions d’autrui, à faire des hypothèses sur ce que pense l’autre, à interpréter le deuxième degré et l’humour, à connaitre les règles de bienséance.

La cognition sociale est spécifiquement perturbée dans certaines pathologies, comme par exemple dans les Troubles du Spectre Autistique (TSA), dans les Troubles de la communication sociale ou dans la Démence Fronto-Temporale (DFT, variante frontale).

 

Le raisonnement et les fonctions intellectuelles globales

L’intelligence peut se définir comme la capacité à raisonner, à tisser des liens entre certains concepts, et à en tirer certaines déductions. Le raisonnement peut s’effectuer sur du matériel verbal tout comme sur du matériel non verbal et peut être dissocié des capacités purement langagières. Une évaluation détaillée requiert la passation d’une échelle d’intelligence afin de déterminer le quotient intellectuel (QI). Le QI moyen se situe entre 85 et 115 (66% de la population se situe dans cet intervalle). En dessous de 70 on peut suspecter un déficit intellectuel, au dessus de 130 on parle de haut potentiel intellectuel.